Étude

Entre 2017 et 2023, le nombre de logements vacants diminue à Tarbes, Pau et Lourdes, tout en restant à un niveau élevé. Notre comparaison des recensements de l’Insee éclaire ce recul et ses limites pour les personnes qui envisagent de s’installer.

Trois villes, un même constat : moins de logements vacants

Entre 2017 et 2023, le nombre de logements vacants recule dans les trois communes : 556 de moins à Tarbes, 1 401 de moins à Pau et 145 de moins à Lourdes. Dans le même temps, chacune dispose d’un parc total de logements plus important qu’en 2017. Ce double mouvement est le principal résultat de notre comparaison des données du recensement de l’Insee.

Mais une amélioration statistique ne signifie pas que le problème a disparu : en 2023, la vacance représente encore 13,7 % des logements à Tarbes et à Pau, et 15,5 % à Lourdes, contre 7,8 % pour la France entière. Ces valeurs décrivent le parc des communes, pas nécessairement la situation de chaque quartier ni la disponibilité de logements immédiatement habitables.

Les chiffres : évolution de 2017 à 2023

Logements vacants dans les communes de Tarbes, Pau et Lourdes — Insee, RP2017 et RP2023
Commune Vacants en 2017 Vacants en 2023 Part en 2023
Tarbes 4 720 4 164 13,7 %
Pau 8 879 7 478 13,7 %
Lourdes 1 671 1 526 15,5 %

En 2017, la part des logements vacants était de 16,1 % à Tarbes, 16,8 % à Pau et 17,3 % à Lourdes. La diminution est donc visible à la fois dans le nombre de logements recensés comme vacants et dans leur poids au sein du parc immobilier. Les taux sont arrondis au dixième ; les écarts calculés sur des valeurs arrondies peuvent légèrement différer des écarts calculés sur les effectifs.

Le taux de vacance correspond au nombre de logements vacants divisé par l’ensemble des logements de la commune, résidences principales et secondaires comprises. Il ne faut pas le confondre avec la part des annonces immobilières disponibles à un moment donné.

Tarbes : 556 logements vacants de moins et davantage de résidences principales

À Tarbes, l’Insee comptabilise 4 720 logements vacants en 2017, contre 4 164 en 2023, soit une baisse d’environ 11,8 % du nombre de logements vacants sur la période.

Dans le même temps, le nombre total de logements passe de 29 243 à 30 452. Surtout, les résidences principales passent de 23 646 à 25 607, soit 1 961 de plus. Autrement dit, la baisse de la vacance ne résulte pas seulement d’un dénominateur plus grand : l’effectif des logements vacants diminue effectivement.

Ce constat est encourageant, mais il ne permet pas de dire combien de logements auparavant vacants ont été rénovés, vendus ou loués. Les tableaux de recensement suivent des catégories statistiques à deux dates, pas le parcours de chaque logement.

Pau : une baisse plus marquée en nombre

À Pau, le nombre de logements vacants passe de 8 879 à 7 478 entre 2017 et 2023 : 1 401 logements vacants de moins, soit environ 15,8 %.

Le parc total progresse dans le même intervalle, de 52 902 à 54 633 logements. Les résidences principales augmentent également, de 42 711 à 45 329. Le taux de vacance descend ainsi de 16,8 % à 13,7 %.

La diminution absolue est plus forte qu’à Tarbes ou Lourdes, mais Pau dispose aussi d’un parc nettement plus important. Une baisse plus importante en nombre absolu ne traduit pas nécessairement une amélioration plus forte : il faut également tenir compte de la taille du parc immobilier et de l’évolution du taux de vacance.

Lourdes : une amélioration plus limitée, dans un parc au profil différent

À Lourdes, les logements vacants recensés passent de 1 671 en 2017 à 1 526 en 2023, soit 145 de moins (environ 8,7 %). Le taux recule de 17,3 % à 15,5 %, mais reste le plus élevé des trois communes étudiées.

Lourdes se distingue également par la place des résidences secondaires et logements occasionnels : 12,2 % de son parc en 2023, contre 2,2 % à Tarbes et 3,3 % à Pau. Cette différence rappelle que les communes n’ont pas toutes le même profil résidentiel.

Il serait toutefois abusif d’en déduire que des logements vacants sont devenus des locations touristiques : les données utilisées ne permettent pas de suivre de telles transformations logement par logement.

Une moyenne communale peut masquer des réalités locales

Le changement d’échelle modifie la lecture des résultats. En 2023, l’Insee estime la part des logements vacants à 10,7 % dans la communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées, contre 13,7 % dans la seule commune de Tarbes. De même, la communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées affiche 10,3 %, contre 13,7 % dans la commune de Pau.

Ces écarts ne permettent pas d’affirmer quels quartiers concentrent la vacance, mais montrent qu’une donnée communale n’est pas interchangeable avec celle de son agglomération. Avant de s’installer, il faut donc vérifier le périmètre des chiffres consultés.

Que peut-on conclure pour un projet d’installation ?

Fait établi : les trois communes comptent moins de logements vacants en 2023 qu’en 2017, malgré une augmentation de leur parc total de logements.

Interprétation prudente : cette évolution est compatible avec une utilisation plus importante du parc résidentiel, mais elle ne démontre ni une amélioration uniforme de l’état des logements, ni une détente ou une tension particulière des prix.

Ce que les chiffres ne disent pas : le nombre de logements effectivement proposés à la location ou à la vente aujourd’hui, leur état, leur localisation, leurs loyers, leur performance énergétique ou la durée de leur vacance.

Pour comparer des villes où vivre, la vacance constitue donc un signal à examiner, jamais un verdict suffisant. Elle doit être rapprochée des prix, de l’offre de logements adaptée au ménage, des transports et du bassin d’emploi. Pour poursuivre la comparaison, consultez les guides Mobilitee de Tarbes et de Pau, ou explorez le répertoire des villes.

Méthodologie de cette étude

Comparaison des communes de Tarbes (code Insee 65440), Pau (64445) et Lourdes (65286), à partir des tableaux « Logement en 2023 » des dossiers complets de l’Insee, notamment LOG T1 (RP2017 et RP2023, géographie au 1er janvier 2026). Les taux représentent (logements vacants / ensemble des logements) × 100. Les différences d’effectifs sont les valeurs 2023 moins les valeurs 2017 ; les variations relatives rapportent cette différence à 2017. Affichage arrondi à une décimale. Comparaisons nationales et intercommunales : comparateur de territoires Insee, RP2023. Cette étude n’utilise aucune note du comparateur Mobilitee et ne modifie aucun classement.

Sources

  1. Insee — Tarbes, dossier complet, tableau LOG T1 (RP2017 et RP2023).
  2. Insee — Pau, dossier complet, tableau LOG T1 (RP2017 et RP2023).
  3. Insee — Lourdes, dossier complet, tableau LOG T1 (RP2017 et RP2023).
  4. Insee — Tarbes et France entière (taux de vacance 2023).
  5. Insee — Tarbes et CA Tarbes-Lourdes-Pyrénées (2023).
  6. Insee — Pau et CA Pau Béarn Pyrénées (2023).
  7. Insee — Définition du logement vacant.
  8. Insee Première n° 1979 — La mesure de la vacance.

Limites de l’analyse

Analyse descriptive de données de recensement, et non étude causale du marché immobilier. Le recensement combine plusieurs campagnes et ne renseigne pas la durée de vacance de chaque logement. Les données ne distinguent pas ici la vacance de courte durée de la vacance structurelle ni les trajectoires individuelles des logements. Elles ne permettent pas d’attribuer les évolutions observées à une politique publique, ni de conclure à la disponibilité immédiate de logements habitables. Les communes sont choisies pour une comparaison territoriale ciblée et ne sont pas représentatives de toutes les villes françaises.

Villes concernées

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