Étude

Dans 948 communes métropolitaines de 10 000 à moins de 100 000 habitants, la présence des services a évolué de manière contrastée entre 2015 et 2025. Les centres des Finances publiques et certains commerces spécialisés figurent parmi les catégories les plus souvent perdues à l'échelle communale ; les supérettes ou épiceries conservent une présence étendue, tandis que les relais poste sont recensés dans davantage de villes. Ces résultats ne mesurent ni le nombre de fermetures ni l'accessibilité réelle des services.

Période étudiée : 2015–2025 (observations en 2015, 2020 et 2025)

Tableau de synthèse

Type d’équipement ou regroupement 2015 2020 2025 Écart net 2015–2025
Centres des Finances publiques (A10G) 620 567 425 −195
Magasins de chaussures (B304) 762 738 654 −108
Papeteries et presse (B325) 873 820 766 −107
Supérettes ou épiceries (B201 ∪ B202) 909 924 928 +19
Bureaux de poste (A206) 947 947 945 −2
Relais poste (A207) 110 297 367 +257
Agences postales (A208) 131 172 192 +61

Lecture : 620 des 948 communes étudiées enregistraient au moins un établissement relevant de la catégorie A10G en 2015, contre 425 en 2025. Il ne s’agit ni de 195 établissements fermés ni d’une mesure de la qualité du service. Les catégories postales peuvent coexister dans une même commune ; elles ne s’additionnent pas.

Finances publiques : la plus forte baisse de présence parmi les 109 catégories

La catégorie A10G (« DRFiP et DDFiP ») passe de 620 communes en 2015 à 567 en 2020, puis 425 en 2025. C’est la plus forte baisse nette en nombre de communes parmi les 109 types étudiés : −195 communes en dix ans. Le calcul retrouve 199 communes passant de la présence à l’absence et quatre suivant la trajectoire inverse.

Selon le dictionnaire Insee, cette catégorie recense des établissements des directions régionales et départementales des Finances publiques accueillant du public, notamment certains services fiscaux et trésoreries. L’Insee rattache le recul national de cette catégorie aux réorganisations administratives. La disparition de sa présence enregistrée dans une commune ne prouve pas que ses habitants ont perdu tout accès aux démarches fiscales : les autres modalités et lieux de service ne sont pas mesurés par cet indicateur.

Chaussures et presse : des reculs commerciaux importants, surtout dans les plus petites villes du champ

La présence d’au moins un magasin de chaussures passe de 762 communes en 2015 à 738 en 2020 puis 654 en 2025. Entre les deux dates extrêmes, 132 communes perdent cette présence et 24 l’acquièrent, soit un solde de −108. Les pertes enregistrées sont plus nombreuses dans la seconde moitié de la période : 51 passages de présence à absence entre 2015 et 2020, contre 102 entre 2020 et 2025. Les deux périodes ne doivent toutefois pas être additionnées, une commune pouvant changer de situation plusieurs fois.

La catégorie papeterie et presse passe de 873 à 820 puis 766 communes, avec 123 pertes de présence et 16 gains entre 2015 et 2025. Les deux catégories figurent aux deuxième et troisième rangs des baisses nettes des 109 types retenus. Elles ont été choisies précisément pour illustrer des reculs marqués, et non comme des exemples ordinaires ou représentatifs de tous les commerces.

Le contraste varie aussi selon la taille de la ville : parmi les communes de 10 000 à moins de 20 000 habitants initialement pourvues, environ 20 % perdent la présence de chacune de ces catégories entre 2015 et 2025. Dans les communes de 50 000 à moins de 100 000 habitants, les proportions sont d’environ 5 % pour les chaussures et 4 % pour la papeterie-presse. Les reculs restent visibles hors Île-de-France.

Ces données ne dénombrent pas les magasins qui auraient fermé. Une ville peut perdre plusieurs établissements sans changer de statut, ou passer d’un seul à aucun. Pour ces commerces, la BPE s’appuie sur le système d’information SIRUS de l’Insee, alimenté notamment par les répertoires d’entreprises. Les changements de situation enregistrés ne sont donc pas une vérification de terrain, établissement par établissement.

Supérettes et épiceries : une présence enregistrée dans davantage de communes

L’Insee recommande de lire ensemble les supérettes (B201) et les épiceries (B202), leur distinction reposant notamment sur un seuil de surface déclarée de 120 m². Dans les 948 communes, au moins l’une de ces catégories est présente dans 909 communes en 2015, 924 en 2020 et 928 en 2025, soit 19 communes de plus entre les deux bornes.

Ce résultat ne dit pas que le nombre de magasins alimentaires augmente : il indique seulement qu’un plus grand nombre de communes présente au moins un équipement de l’un de ces deux types. Les supermarchés, boulangeries et autres formats ne sont pas compris dans ce regroupement. Le solde de +19 reste identique lorsque l’on retire l’Essonne et la Seine-Saint-Denis, deux départements pour lesquels l’Insee signale une hausse particulière des supérettes.

Nous ne détaillons pas ici les gains et pertes de présence du regroupement : leur décomposition complète nécessiterait d’assimiler les couples commune-type totalement absents du fichier à des séries nulles, convention fortement suggérée par sa structure mais non confirmée explicitement par la documentation consultée. Les effectifs de présence observée aux trois dates, eux, n’ont pas besoin de cette hypothèse.

Poste : des formats qui se cumulent, pas une substitution démontrée

Sur la cohorte, la présence d’un bureau de poste reste pratiquement générale (947 communes en 2015 et en 2020, 945 en 2025). Parallèlement, la présence des relais poste passe de 110 à 297 puis 367 communes, et celle des agences postales de 131 à 172 puis 192.

Ces formats ne se substituent pas mécaniquement les uns aux autres. Les 277 communes ayant acquis la présence d’un relais poste entre 2015 et 2025 possédaient déjà un bureau de poste en 2015, et 275 en possèdent encore un en 2025. Les nouvelles présences de relais se cumulent donc majoritairement avec des bureaux maintenus dans cette cohorte, plutôt qu’elles ne témoignent d’un remplacement de ces derniers.

Au moins l’un de ces trois formats est enregistré dans 948 communes en 2015 et en 2020, puis 947 en 2025. Cette couverture est presque saturée dès le départ pour des villes de cette taille : elle renseigne très peu sur une éventuelle amélioration du service. Les formats proposent en outre des prestations différentes, et les horaires, les files d’attente ou la distance réelle ne sont pas observés.

L’Insee signale des évolutions départementales atypiques pour les relais poste. La progression reste néanmoins visible en excluant les sept départements concernés : 96 communes avec relais en 2015 contre 294 en 2025 au sein des communes restantes de notre cohorte. Les données postales proviennent de La Poste, dont les modalités de collecte diffèrent des répertoires d’entreprises utilisés pour les commerces.

Une présence ne suffit pas à décrire l’accès à un service

Ce panorama oppose des trajectoires bien différentes : baisse marquée de présence enregistrée pour certaines catégories publiques et commerciales, progression pour d’autres, et coexistence de plusieurs formats postaux. Mais ces constats n’autorisent pas à conclure que la vie quotidienne s’améliore ou se dégrade partout dans les mêmes proportions. Une limite communale, une adresse administrative, le niveau de service rendu et l’usage réel par les habitants ne sont pas la même chose.

L’intérêt de ces données est de documenter précisément ce qui change dans la carte communale des présences, puis de poser les bonnes questions aux collectivités et aux opérateurs. Il ne serait pas rigoureux de convertir les évolutions enregistrées en un palmarès des villes qui auraient « gagné » ou « perdu » leur qualité de vie.

Méthodologie de cette étude

Mobilitee a reconstruit un champ de 948 communes métropolitaines comprises entre 10 000 et moins de 100 000 habitants d’après la population communale du recensement 2023 utilisée dans le dossier. Ce périmètre, fixe pour les trois dates, n’est pas représentatif de l’ensemble des communes françaises ; les très petites et les très grandes villes n’y figurent pas.

La source principale est la BPE Insee en évolution 2015–2025 à l’échelle communale. Parmi les 152 codes figurant dans le fichier combiné, 109 types sont comparables de 2015 à 2025 ; 108 disposent en outre d’observations comparables aux trois dates (D304 étant indisponible en 2020). Tous les types effectivement présentés dans l’article sont disponibles aux trois dates. Pour chaque couple commune-type explicitement diffusé, OBS_STATUS = A et OBS_VALUE = 1 indiquent une présence ; un OBS_VALUE = 0 explicite indique l’absence. Le statut O signifie indisponibilité, jamais zéro.

La BPE diffuse ici un indicateur binaire de présence communale, non un nombre d’établissements. Les tableaux comptent donc des communes, sans pondération par la population. Les transitions isolées d’un même type sont calculées sur les séries explicites. Dans le fichier, les couples commune-type entièrement dépourvus de présence ne font apparaître aucune série 0/0/0 ; nous n’assimilons cependant pas une série absente à trois zéros dans les statistiques publiées sur les regroupements. Le choix des catégories montrées est postérieur aux calculs : il illustre des contrastes, sans prétendre représenter uniformément les 109 types.

Les sources sous-jacentes diffèrent selon les domaines : SIRUS pour les commerces et la catégorie A10G, La Poste pour les formats postaux. Les données de présence harmonisées ne permettent pas d’isoler l’effet des changements de nomenclature, de qualité du répertoire, des réorganisations ou des évolutions réelles sur le terrain.

Sources

  1. Insee — Évolution du nombre d’équipements et de services en 2015, 2020 et 2025 : fichier communal BPE en évolution 2015–2025, publié en juillet 2026.
  2. Insee — Description des types d’équipements en évolution : définitions et provenance des catégories A10G, A206–A208, B201–B202, B304 et B325.
  3. Insee — Précautions d’utilisation des types d’équipements en évolution 2015–2025 : réserves spécifiques concernant les Finances publiques, les relais poste et l’alimentaire.
  4. Insee — Cohérence et comparabilité de la BPE : périmètre comparatif et limites.

Limites de l’analyse

Les présences enregistrées ne sont pas des fermetures ou ouvertures physiques : une commune qui passe de « 1 » à « 0 » n’est pas équivalente à un commerce ayant cessé son activité. Les sources administratives, leurs codes et leur collecte peuvent varier. Pour A10G, l’indicateur ne couvre pas l’ensemble des modes d’accès aux services fiscaux ; pour les formats postaux, il ne renseigne pas sur les prestations, les horaires ni leur qualité. Les catégories commerciales sont fondées sur des déclarations administratives et non sur un relevé de terrain. Le fichier communal ne donne ni effectifs d’équipements, ni distances parcourues, ni accès par les communes voisines. Des effets de frontière communale subsistent, particulièrement en Île-de-France.

La série 2015–2025 est harmonisée par l’Insee pour faciliter les comparaisons, sans supprimer toutes les limites de comparabilité. Les 948 communes sont définies selon leur population de 2023, et non selon leur taille à chaque année. Le regroupement alimentaire publie les seuls effectifs de présence observée, sans nombre de transitions supposées pour les séries entièrement omises. L’étude a fait l’objet d’un contre-calcul indépendant par IA (Claude, 26 octobre 2026) confirmant les résultats numériques du candidat ; elle ne constitue ni une expertise statistique humaine, ni une vérification de terrain.

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